VIỆT VÕ ĐẠO

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Bonjour à tous, chabatz d’entrar !

À un an, sous l’œil désapprobateur de mon enseignant de Võ Bình Định, je fais mes étirements et me choisis l’arme qui reste, jusqu’à ce jour d’hui, mon arme fétiche, le Đại Đao :

Il me faudra attendre de doubler mon âge pour recevoir, à mon deuxième anniversaire, le plus beau des cadeaux : mon premier võ phục, le kimono des pratiquants de Võ Cổ Truyền. Un cadeau de madame Janine Alary, l’épouse de maître Ba Hoi, qui l’avait recoupé à ma taille – le võ phục, pas maître Ba Hoi (heureusement pour lui car je mesurais alors 0 m. 87). Aucun modèle aussi petit (de võ phục) n’existait, même au Vietnam :

Sous ce premier võ phục je portais encore des couches, qui me donnaient une démarche de loubard, moi qui suis plutôt du style biker pépère, moto Terrot rando rétro. Ma moto qui était aux couleurs prémonitoires du Phật Giáo Hòa Hảo.

J’ai débuté dans le Việt Võ Đạo très tôt : il était 0 h 50. Je plaisante à peine, c’est l’heure à laquelle je suis né. J’étais très très jeune. Beaucoup trop jeune pour avoir une licence sportive, même dans la catégorie des minis-petits-poussins nains, qui restait à créer. C’est dire.

J’ai toujours été attiré par les Đại Đao et Quan Đao. Là, je fais mon choix :

Il se porte sur l’arme du célèbre général Guan Yu (關羽), le Quan Đao (Đại Đao) :

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J’éprouve sa solidité et m’assure d’une bonne prise en main :

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Mon papa m’invente une méthode d’entraînement. Il met un matelas mou sur mon lit : si je tombe, je ne me fais pas mal et ça me permet de « travailler » en même temps l’équilibre la stabilité et l’enracinement.

Je prends tous ces exercices particulièrement au sérieux et me concentre dès que je noue ma ceinture.

Mes coups de pieds sont tellement rapides qu’on ne les voit même pas :

Ah ! celui avec le võ phục blanc et noir, c’est un sacré maître ! un maître soixante-dix-huit, même.

Ça y est, je me sens prêt pour rejoindre un club. Naturellement, ce sera celui de maître Christian Alary. Ce que je n’apprendrai que beaucoup plus tard, c’est que ce club est historique, créé en 1973 ! et qu’il est à l’origine du Vovinam en France (maître Ba Hoi en est président, sans discontinuer, depuis sa création).

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Je sais, sur cette dernière photo, je devrais avoir le pied gauche tourné, parallèlement au sol. Raison pour laquelle j’ai recadré celle-là. On peut voir une position presque correcte à la page suivante (là où je suis face à mon partenaire Tristan).

 

En 2006, les 12, 13 et 14 août, il m’a été donné d’assister, à Noyant, aux commémorations du cinquantième anniversaire de l’arrivée des rapatriés d’Indochine. Durant ces trois jours il y a eu, sous chapiteau et en plein air, de nombreuses démonstrations d’arts martiaux vietnamiens et sino-vietnamiens.

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Là, j’ai vu arriver un Võ Sư extraordinaire : il boitait lourdement mais, une fois sur le tapis, il était transcendé ; il nous a fait une démonstration tellement époustouflante qu’elle nous fit oublier qu’il claudiquait. Là, j’ai compris combien la pratique pouvait nous permettre de nous dépasser.

Ma première licence :

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Elle date de la saison 2007-2008, époque où le club a intégré la FFKDA.

Outre mes entraînements les vendredis au club et ce que m’apprenait mon père, je répétais chez ma mère où je travaillais la souplesse et ce que j’appelais le grantékar. Jusqu’à ce que je me fasse un peu mal aux adducteurs. Ma mère m’a dit que je risquais de me blesser et n’a plus voulu que je continue à faire du Việt Võ Đạo – ni aucun des arts martiaux d’ailleurs – qu’elle trouvait violents. J’abandonnais donc, le cœur gros, fin juin 2008 : la retraite à l’âge de sept ans, ça ne me convenait pas du tout ! Mais, heureusement, papa continuait à m’entraîner et aussi maître Ba Hoi, chaque fois que nous allions le voir (et nous allions le voir souvent). Ma mère a voulu que je fasse un sport collectif (beurk) et m’a inscrit dans un club de hand-ball : j’y suis allé trois fois, à reculons. Puis elle m’a inscrit à des cours d’escrime où je m’ennuyais à mourir. Je n’aimais pas du tout. Si, c’est bien connu, le crime ne paie pas, l’escrime ne plait pas ; en tout cas, pazamoi. Ça me plaisait beaucoup moins que l’ice-cream. Ce qui m’a fait très, très, très plaisir, par contre, a été un grand bonheur – et un grand honneur – et m’a redonné un moral comme la chemise du même nom, c’est que maître Ba Hoi m’a représenté sur l’écusson de son club, malgré que je n’en étais plus membre (du club, pas de l’écusson, car de l’écusson j’en suis toujours membre vu que j’y suis figuré).

 

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